Tourner et retourner dans son lit.
Se forcer à ne pas regarder l'heure.
Ouvrir un oeuil vers le radio-reveil dont les chiffres rouges donnent mal à la tête.
Lire -ou penser lire- 7:54
Entendre les marchands qui s'installent sur la place.
Avoir du mal à avaler sa salive.
Sortir un pied du duvet chaud.
Le poser sur le sol froid, dans la chambre froide.
Chercher la porte, les bras tendus les yeux fermés.
Se prendre les pieds dans le pantalon jeté là, quelques heures plus tôt.
Entre-ouvrir les paupières, pour se rendre compte que la lumière du jour passe à travers les rideaux.
Se diriger vers la sortie à l'aide de la faible lumière.
Sortir dans le couloir glacé.
Tirer sur son t-schirt pour le faire descendre un peu plus sur les cuisses parcourues de frissons.
Prendre un verre et le remplir d'eau salvatrice.
Sentir l'eau qui semble adoucir le gorge irritée.
Marcher lentement dans la maison silencieuse.
Regarder par la fenêtre les magasins s'ouvrir, le marché se préparer.
Ne penser à rien, pas même à la soirée d'hier.
Voir le chat de goutière qui patiente sur la fenêtre d'à coté.
Aller lui ouvrir, le caresser doucement, toucher son pelage frais et doux, l'entendre ronronner, et le regarder partir après avoir fermer la fenêtre.
Passer dans le salon, et s'assoir devant la cheminée qui a consommée les dernières braises.
Mettre une nouvelle buche et activer le foyer.
S'accroupir la tête vide devant le feu qui repart.
Rester là, sans compter le temps qui passe. Sans se soucier du passé, sans penser au futur. Juste regarder le feu, et profiter du présent.
Repartir tranquillement dans la chambre.
S'enfouir sous les draps après avoir vaguement lu 7:43
Et se rendormir.
